Alors pourquoi cette perception apparaît-elle justement quand on se couvre les yeux ?
C’est ici qu’intervient l’explication que nous tenons le plus à partager : celle du chercheur mexicain Jacobo Grinberg. Grinberg a documenté des dizaines de cas, surtout des enfants, qui parvenaient à percevoir des couleurs, des formes ou des lettres par d’autres parties du corps, comme la paume des mains ou le front, les yeux complètement bandés.
Sa conclusion, après des expériences contrôlées, était claire : ce n’est ni un miracle ni un tour de passe-passe, mais une capacité latente qui peut se développer en changeant la façon de diriger son attention et en apprenant à faire le silence mental. En France, la piste n’est pas nouvelle : dès 1920, l’écrivain Jules Romains publiait La Vision extra-rétinienne et le sens paroptique, et la chercheuse Yvonne Duplessis a ensuite étudié pendant des années ce qu’elle appelait la perception dermo-optique.
L’indice biologique : la glande pinéale
Un second indice aide à comprendre pourquoi cela fonctionne mieux les yeux couverts et, surtout, pourquoi, selon certaines méthodes, cela viendrait plus facilement aux enfants : la glande pinéale, une minuscule structure au centre du cerveau que les traditions orientales appellent « le troisième œil ».
Le psychiatre Rick Strassman l’étudie depuis des décennies, et d’autres scientifiques y ont trouvé de minuscules cristaux de calcite aux propriétés piézoélectriques, capables de générer un petit champ électromagnétique sous pression, presque comme une antenne miniature.
Le détail qui nous a le plus frappés dans nos recherches : cette glande commence à se calcifier progressivement vers l’âge de 12 ans, c’est-à-dire précisément l’âge à partir duquel, selon de nombreuses méthodes, cette capacité devient plus difficile à ouvrir.
Une hypothèse, pas une certitude
C’est une hypothèse en cours, pas une réponse définitive. Bien d’autres théories sont envisagées dans la recherche actuelle sur cette capacité.